Autour d’Ophélie…

Ophélie vit encore aujourd’hui, pas seulement toute de poésie vêtue, pas seulement de rêveries et d’inspiration sans fond. Ophélie flotte toujours au bord des lèvres, des portées et des pinceaux. L’Association « Lettres en Voix » présente un récital entièrement consacré à cette célèbre figure littéraire, à l’occasion des 400 ans de la mort de Shakespeare. La soprano Clara Inglese rend hommage à l’alter ego de ces femmes que la vie et ses violences, l’amour, la folie et la mort font parfois lentement dériver, fantômes blancs, disait Rimbaud. Le récital comprend des lieder et mélodies du répertoire romantique et post-romantique, inspirés par Ophélie, ainsi qu’une création contemporaine : « Ophélie », d’Adrien Tsilogiannis (pièce dramatique et virtuose pour soprano, harpe et violoncelle).

… des poètes belges

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Ophelia Entre la fraternité nue
Et la nudité du meurtre
L’amour est là fragile instable
Se dérobant constamment à la lumière
Nous sauvera-t-il ?
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Matthieu de Nanteuil
(extrait du recueil « Dans la trace des ombres », Éranthis édition, 2014) 
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Opheliaen elle s’abîme
un rire d’aurore
un rire d’enfance
le chant du monde
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Pierre Warrant
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OpheliaOn devient femme en regardant sa main d’enfance
Et les forêts qui poussent dans les seins,
En regardant les toupilles, les feux, les bleus
Qui tacheront toujours les robes
En secouant les cheveux comme des
Grelots
En racontant aux arbres qu’on
Aurait tant voulu grandir….
On devient femme en oubliant qu’on le devient,
Avec cette douceur au ventre
Quand ça pleure
Et ce mal infini
Qui traverse la joie.
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Lucien Noullez
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